
Ah salut,
T’es revenue ?
Faisait longtemps j’t’avais pas vue…
Qu’est-ce que t’es dev’nue ?
Moi ? Bah tu sais…
C’est vrai qu’la vie va vite,
c’était y’a 3 ans qu’on s’parlait.
…
« S’parler », faut l’dire vite.
Soyons honnêtes.
On était pris dans ma tête.
J’dis « on » parce que tu y’étais toi aussi.
Pis honnêtement, tu m’avais surpris.
J’t’avais pas vu v’nir.
T’aurais pu m’avertir.
J’avoue qu’c’était quasi inévitable,
j’étais en douleur physique quotidienne,
mais c’est grâce à une chirurgienne
que ma douleur est devenue guérissable.
Ton bail n’était pas renouvelé
Ton temps chez moi était compté
Mais te revoilà entrain d’squatter
Des coins dans mon grenier
On dirait même qu’t’as pris
L’contrôle de ben des affaires là-haut :
Motivation, désir, plaisir, insomnie…
J’ai des larmes qui coulent tel un ruisseau.
C’est vrai quand on dit :
« Personne n’est à l’abri »
Puis… avec tout c’que j’vis…
J’sais que j’te cache bien
J’t’habituée d’sourire pour rien
J’ai caché qui j’étais…
c’que j’ressentais
pendant près d’quarante ans.
Cacher qu’t’es chez nous, c’pas ben d’mandant.
C’est drôle quand tu y penses
l’monde se pitch pour t’ouvrir la porte,
pour t’porter assistance
et t’prêter main-forte
quand ça paraît qu’t’as mal,
qu’t’es blessé ou accidenté.
Mais quand c’est ton âme qu’y’est infirmé ?
Tout à coup, c’est silence national.
Pourtant, j’capable de manger
avec une jambe cassée.
Mais une santé mentale effritée…
j’te laisse deviner.
J’me connais, j’sais que j’suis forte.
J’vais finir par te mettre à porte.
C’pas parce que t’es lourde à porter,
que j’peux pas t’catapulter.
J’suis peut-être par terre en c’moment,
mais j’vais finir par me rel’ver lentement,
pis t’redonner ton quat’ pourcent.
Mais j’t’avouerai qu’là présentement,
J’me sens faible en sacrament.