Le jour où j’ai quitté le navire…

navire

En ce mardi gris, je laisse la parole à une amie, une amie qui a envie de s’exprimer et d’écrire comment elle se sent. Ça fait du bien d’écrire… :)

À mardi prochain les curieux !


Ça m’a détruit.

Ça fait encore mal.

C’est pour ça que je suis partie.

Je suis partie parce que j’avais peur que ça n’s’arrête jamais.

J’avais peur de m’embarquer, oui.

J’avais peur de m’embarquer pis de m’retrouver prise avec toi, pu de rames.

J’avais peur de trop t’aimer, pis de plus être capable de m’en aller.

J’avais peur qu’il t’arrive quelque chose un jour, et je n’voulais pas devoir me dire que j’en n’avais pas assez dit… Ou pas assez fait.

J’avais peur de me trouver lâche de te lâcher quand c’était trop dur. C’était peut-être un “trip d’égo” tu vas m’dire… Peut-être. Je l’sais pas. Je n’le saurai jamais et toi non plus.

Ensuite, il a fallu que je t’en veuille, c’était ben plus facile à vivre.

Il a fallu que je t’en veuille pour être capable de partir.

Il a fallu que je t’en veuille pour justifier la peine que j’avais. Pis c’est là que ça a chaviré.

Je t’en ai voulu pour tout.

J’pense pas qu’c’était plus facile, c’était peut-être juste un peu moins “rough”… Et pis y’a pas juste fallu que je t’en veuille pour partir, il faut encore que je continu à t’en vouloir, ça me permet de moins t’aimer.

Mais dans l’fond, je t’en veux vraiment. C’est vrai.

Je t’en veux de pas en avoir assez fait.

Je t’en veux de m’avoir laissé me rendre jusque là. J’aurais dû partir bien avant…

Je t’en veux de pas comprendre que la vie est fragile pis que les gens sont pas là pour rester.

Je t’en veux de pas avoir réalisé que moi j’étais fragile et que j’n’étais pas éternelle non plus.

Je t’en veux de toujours être obligé de te rendre au fond du baril pour connaître la limite…

Je t’en veux d’être victime de la vie, de pas avoir prit les rênes pis de t’plaire à regarder le temps passer sans rien faire.

Je t’en veux de pas en avoir assez fait pour être plus heureux et je t’en veux de m’avoir laissé avoir autant de peine.

Je t’en veux de pas avoir compris que je t’aimais trop pour te laisser couler tout seul. Mais je t’en veux surtout de pas avoir été capable de me garder.

C’est pour ça que je suis partie. Pour te donner une leçon.

Je suis partie parce que j’ai dit que j’le ferais. Mais je suis partie surtout pour te prouver que j’ne reviendrais pas.

Je suis partie pour que tu perdes quelque chose.

Je suis partie pour pas te donner de dernière chance.

Je suis partie pour t’aider à changer pis pour m’aider à être mieux, ou a être moins pire….

J’me suis rendue compte que j’avais l’âme derrière nous. Que je pensais t’avoir pardonné notre vie, mais qu’en fait j’la portais encore. On a frappé quelque chose… le navire est scrap.

Ça m’a trop brisé de te voir malheureux. Je pouvais plus endurer le sentiment d’échec et d’impuissance qui étaient venus avec une vie avec toi.

Y’avait des vices cachés pis il n’était pas question que j’fasse le choix de rester là-dedans. Je savais pu trop ce qui était lâche et ce qui ne l’était pas, mais il fallait que je parte…

C’est peut-être moi qui a été lâche. Peut-être. Je n’le sais pas. Je n’le saurai jamais et toi non plus.

Je suis partie pour te faire réfléchir. Je suis partie pour que tu cicatrises. Je suis partie pour me protéger de toi parce que je t’aimais trop pis que j’avais peur que ça me détruise. Que ça me détruise plus.

Je suis partie parce que j’avais peur d’en avoir de plus en plus à perdre.

J’ai eu la chienne. La chienne d’être trop bien pis que rien ne change. La chienne que le malheur que t’as d’ancré dans l’coeur vienne me hanter, un peu plus tard. La chienne que des choses plus fortes que toi gèrent ta vie et gèrent la mienne… et gèrent ma peine.

J’ai eu peur que le fond du baril revienne… Parce que plus il change le baril, plus il est pareil.

J’ai eu peur de ne plus t’aimer, en fait j’ai eu peur de t’haïr.

C’est pour ça que j’ai abandonné. C’est pour ça que je suis partie. C’est pour ça que j’ai quitté le navire…

Au fond, c’est peut-être moi qui est lâche. Peut-être, je n’le sais pas. Je n’le saurai jamais et toi non plus.

-A.

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