Germaine qui n’est plus

Image054.jpgGenero Photo

Ma mère vous dira que j’suis toute qu’une Germaine, mon amoureux d’amour vous dira que non pas tant qu’ça et moi, ben j’vous dirais que j’suis contrôle freak à mes heures. Coupons la poire en deux.

J’aime quand les choses fonctionnent à ma façon, mais je vie très bien quand elles vont dans une direction opposée. Je gère et je mène de temps en temps mettons.

Mais quand c’est par rapport à mon petit nombril et celui de personne d’autre, disons qu’là, j’veux qu’ça roule comme moi j’veux. My way or the highway

C’est là qu’l’accouchement arrive en jeu. Dun dun duuunnnnnn (à lire avec une mélodie dramatique tsé).

Durant toute ma grossesse, j’ai suivi les mille et un conseils pour faciliter la grande sortie de bébé. J’ai fait du yoga, du ballon, du cardio bedaine, j’faisais des accroupis, j’prenais bien soin de garder une bonne posture à la fin pour m’assurer que bébé soit bien positionné et j’faisais même le fameux étirement du périnée ! En fait, c’est mon amoureux qui avait cette tâche vu qu’ma bedaine était rendue tellement grosse que c’en était rendu impossible pour moi de réaliser cet étirement confortablement, mais bref, tsé quand tu dis que j’ai tout fait, eh bien, j’ai tout fait.

Arrive à 38 semaines, aucun travail de fait, nothing, niet, nada. Ça tombait bien, j’avais du travail à faire au bureau jusqu’au jeudi. Donc d’ici-là bébé, reste bien au chaud, j’suis pas prête. Vendredi, hop, première journée à la maison, mon frère qui arrive de Vancouver la semaine prochaine, faut faire du ménage, remettre le sous-sol en ordre, bla bla bla. Pas plus tard qu’une heure après que tout soit fini, j’étais évaché sur le divan à relaxer de ma grosse journée et surtout de mon mois d’juillet qui n’arrivait jamais à finir, mes eaux crèves ! Ben oui toé chose, bébé attendait que j’sois prête, mais il n’attendait pas nécessairement que j’ai eu le temps d’me reposer ! Ça fait qu’appelle mon amoureux, fini les valises, va dans douche, appelle ma mère et on s’dirige à l’hôpital.

Vendredi 10 août, 17h30, je suis à 3 cm. Ok pas d’trouble, j’ai fait des cours de préparation à la naissance, j’sais quoi faire, sors le ballon et le tapis d’yoga mon amour, on va aider le bébé à descendre ! On est un team, let’s go mon bébé, c’est là qu’ça s’passe, watchez-moi ben !

Dans la nuit de vendredi à samedi, entre le bain et le ballon, entre les respires et les points d’pression, le travail n’avançait pas, mais pas du tout. J’te dirais que c’est à peu près là que j’réalisais que j’avais tellement aucun contrôle là-dessus, que bébé allait se pointer le bout du nez quand bon lui semble peu importe les positions que j’pouvais bien faire. Pas d’stress, tout va bien aller !

Samedi 11 août, 5h30, je suis à 4 cm. Are you fucking kidding me ?! J’ai fait un seul putain de centimètre en 12 heures ! Ben non, ça s’peut pas que j’sois fermé d’même ! Fini la politesse et les prouesses, là j’suis pu capable de contrôler ma respiration, d’me faire peser entre le pouce et l’index, de m’faire dire à chaque contraction de relaxer et de m’détendre. J’suis pu capable ! J’ai pas dormi, j’suis brûlée, ça avance pas, give me something now ! Mon plan de naissance à prit l’bord, fuck off l’accouchement full naturel sans intervention avec des huiles essentielles pis des tounes d’Harmonium.

La péridurale a été ma meilleure amie à ce moment-là. J’ai pu relaxer un peu, dormir une heure et reprendre mon souffle. Le travail s’est finalement mit à avancer plus vite. Mais bref, j’ai pas l’contrôle right ?! On lâche prise fille, ça pas l’choix d’sortir.

Samedi 11h30, ça pousse, mais ça pousse en Ta ! Le réflexe de poussé, je l’ai à fond la caisse, ça fait mal, j’me contracte, s’il-vous-plaît quelqu’un, dites-moi que ça y’est. Médecin, infirmières sont là, au pied du lit à r’garder et à m’dire « Ok, les trois prochaines contractions, tu pousses ». Pour vrai là ?! Amoureux, t’as entendu ? C’est notre tour, ça y’est, ça va finir et on va l’avoir notre trésor dans nos bras, suffit de quelques minutes encore.

Première contraction, pousse… Ahhhhhhhhhhh…. expire…

Deuxième contraction, pooouuussssseeeee… Aaaaahhhhhhhhhhh… expire…

Troisième contraction, PPOOOUUUSSSEEEEEE… AAAHHHHHHHHHHH… Exppiiiiiiire…

« Vois-tu la tête ? »

Et là j’me fais dire d’arrêter, de ne pas pousser à la prochaine contraction, que ça ne marche pas, ça n’ouvre pas assez. Sérieux ?! Pas vrai, tu m’niaises, mais ça pousse, ça pousse et ça fait crissement mal ! Ça n’sera pas maintenant finalement.

On m’donne une dose de j’sais pas quoi pour me geler pendant une heure, pour booster le Pitocin et s’croiser les doigts que dans une heure, les portes soient grandes ouvertes. À c’moment-là j’capote, j’en reviens pas, j’suis su’l bord d’être découragée, on y touchait, j’étais entrain de pousser et là, pu rien. Ma Germaine a démissionné sans donner de préavis.

L’heure passe, il est rendu 13h30 environ, la doc vient vérifier et à voir son visage, j’lis tout l’découragement que j’ressens après une nuit blanche de travail qui n’avance pas. Elle me dit qu’elle va chercher la gynéco pour avoir son opinion et celle-ci m’annonce que j’suis à 7 cm seulement, j’ai donc deux options en c’moment :

First, elle me re-gèle une heure et fait tout pour augmenter les contractions pour qu’le travail fasse un sprint final, mais que si rien n’y fait, ça fini en césarienne puisque ça va faire 24 heures que mes eaux auront crevés.

Second, on tombe en césarienne tout d’suite.

Je pleure, de fatigue, de découragement, d’impuissance, mon corps me lâche, j’suis complètement brûlée. J’regarde mon amoureux, il a les yeux tellement fatigués et si inquiets. « Qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est-ce que t’en penses ? » « C’est assez mon amoureuse, c’est assez… » J’en arrive à l’évidence qu’en effet, c’était assez, le marathon, j’pas capable d’le finir moi-même, faut que quelqu’un me pousse à la ligne d’arrivée, mes jambes ne suivent plus. Ok, amenez-moi en césarienne, j’suis pu capable, j’veux juste que ça finisse. Et là j’pleure de plus bel, je pleure de relâchement, de déception et de tellement, mais tellement d’fatigue. L’adrénaline avait fini son shift et mon corps réalisait que la nuit blanche lui avait rentré d’dans.

Malgré que je n’avais rien planifié de tout ça, que tout c’que j’ne voulais pas qui arrive est arrivé et tout c’que j’voulais qui arrive n’arriva pas… Reste que l’plus beau moment est toujours celui du contact de bébé sur moi, dans mon cou cette fois-ci, mais ça reste la plus belle expérience au monde.

Et maintenant, ma Germaine est déchue, détrônée, virée… Il y a un nouveau p’tit boss à la maison !

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