Et toi, ça va ?

« Ça va ? »
« Ça va… mieux. »

Mettons que ça n’allait pas full bien ces derniers temps. Ben honnêtement, ça n’allait pas du tout.

Pas bien, comme si tu pognais un flat su’l bord de l’autoroute et qu’ton spare avait, lui aussi, une crevaison… pis qu’en plus, t’avais pu d’batterie dans ton cell. Mal de même genre.

Ça faisait plusieurs jours que j’broyais du noir, que j’faisais des sourires fake à mon chum en lui disant que j’étais juste fatiguée. Mais en vrai, ça n’allait pas. J’pouvais pas expliquer pourquoi, je n’me comprenais même pas. J’voulais juste rester en pyj toute la journée, manger d’la scrap, pas avoir de responsabilités pis aller m’coucher quand ça m’tente. Me laver amenait même un soupir dans ma tête. J’voulais rien faire. J’étais rendu à un point que j’voulais pas m’regarder dans l’miroir. Juste me voir la face pis toute, ça m’mettais à l’envers, ça m’fâchait de m’voir me laisser creuser un trou d’même, j’avais pas envie de r’tourner ça d’bord, même si j’savais que j’étais capable d’aller mieux. Que mon bonheur, ben c’était moi qui pouvait l’gérer, et pas mal juste moi.

C’est comme un fumeur, il l’sait qu’c’est mauvais pour lui, il l’sait comment arrêter, mais il le fait pas, parce que ça y tente pas. Point. Ben c’est ça. Ça m’tentait pas d’faire les efforts, même si j’connaissais la recette pour m’en sortir. Et l’sac de chips goûtait bon. J’savais que c’qui m’a amené dans c’tourbillon noir c’était l’arrêt de mes entraînements quotidiens jumelé à la mal-bouffe. Ces deux-là ensemble c’est comme mettre de l’huile su’l feu. C’est crissement pas bon. Ça joue sur l’moral plus qu’on pense. J’en ai eu la preuve rapidement. Mon moral y’était plus, y’était rendu tellement bas que j’me suis r’trouvé à pleurer en faisant un casse-tête… pleurer pendant 30 minutes devant des papillons sans savoir pourquoi, c’est pas tant nice. C’est triste en fait.

J’ai fini par en parler à mon chum, mon moins-nouveau-toujours-tout-beau-homme-extraordinaire-dans-ma-vie (tu pensais j’l’avais oublié celle-là hein ?!). J’ne voulais pas qu’il cherche une solution, j’voulais juste qu’il m’écoute, qu’il sympathise et qu’il me supporte. Parce que tsé, les hommes font ça, c’est dans leur ADN de chercher des solutions… ils sont moins « vas-y, j’écoute et j’dirai rien ». Donc j’lui ai dit c’que j’avais besoin d’lui. Et il m’a écouté. Merci mon homme.

Il a prit l’relais dans maison pour me laisser plus de temps pour moi, pour me permettre de trouver c’que j’voulais et comment j’allais sortir de c’brouillard. J’me suis rendue compte que cette foutue pandémie m’affectait plus que j’le laissais paraître. Ça m’manque tellement de faire des soupers entre amis, d’aller m’entraîner avec une gang aussi motivée qu’moi, d’aller au resto, de faire des câlins… J’m’ennuie des câlins. Beaucoup. Et de rester à la maison à rien faire, y’a pas plus gros sentiment d’inutilité au monde. J’sens que j’contribue à rien, que j’apporte rien, que j’sers à rien… C’est vraiment un sentiment d’marde ça.

Ça fait que j’me suis setter une date, une date où j’allais me r’prendre en mains, faire c’qui fallait sans r’garder en arrière. J’en suis à mon jour 3. Ça va mieux. Hier, j’me suis r’gardé dans l’miroir pour la première fois en 3 semaines. Mon sourire est revenu, pas totalement, mais au moins il est honnête. J’recommence à avoir envie de faire des choses et ce matin, j’me suis habillé, j’ai même mis une brassière ! Victoire !

Et j’choisi de vous partager ça parce que j’suis certainement pas la seule qui file un mauvais coton. J’suis pas la seule qu’yé pu capable d’entendre « maman » 50 fois par minute et qui fini par le plugger devant la boîte à images pour avoir un peu d’temps pour faire c’que moi j’veux (comme là). On est dans une situation hors de l’ordinaire, y’a pas d’manuel pour comment gérer tout ça, mais y’a moyen de trouver ça un peu moins tough. Ça fait que si t’es seul(e) ou pas, et qu’ça va pas, tu peux v’nir me jaser. J’pas experte, loin d’là, mais j’ai trouvé des trucs pour m’en sortir. Au pire, j’ai vraiment de bonnes oreilles pour écouter. Et des fois, c’est juste ça qu’on a besoin, de s’faire écouter.

J’t’aime pis j’te fais un câlin.

Oh et j’peux pas finir ce texte sans remercier mon chum. Pas parfait, mais foutument proche, on fait une sacré bonne équipe et j’en ai eu encore la preuve que la clé d’une relation, c’est la communication. Merci d’être mon pilier. J’t’aime en esti.

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