Quand ta vie change un lundi soir…

La vie est pleine de surprises… de montagnes russes d’émotions, de sourires, de pleurs, de naissances, de départs, d’amitié, d’amour, d’expériences et d’aventures. Chacun sa route, son parcours, son chemin zigzaguant d’un bord et d’l’autre évitant les nids d’poules du mieux qu’on peut. Notre passé bâtit qui nous sommes aujourd’hui et à chaque nouvelle rencontre, on ouvre notre valise et dévoile ce qui nous a mené jusqu’ici.

Je l’ai raconté des dizaines, si c’n’est pas des centaines de fois mon histoire…

J’avais 17 ans, j’étais jeune, naïve, aux études à temps plein, vendeuse à temps partiel et seule en appart. J’croyais être adulte entre mes deux oreilles mais la vie m’a fait r’tomber sur terre quand j’annonçais à mon chum du moment qu’un p’tit être poussait dans mon ventre. Un p’tit homme dont j’n’avais pas les moyens de m’occuper, ni financièrement, ni psychologiquement. Le choix le plus déchirant que j’ai eu à faire de toute ma vie. Une décision que j’ai toujours su qui était la bonne pour lui mais qui m’a enlevée une partie d’moi en partant ce matin d’septembre 2004 avec ses nouveaux parents et son nouveau grand frère.

Chaque fois que j’la raconte mon histoire, j’ai l’moton dans gorge et les larmes aux yeux quand j’revis le moment où ma mère me prend dans ses bras, me retourne pour ne pas qu’j’vois mon garçon partir avec ceux qu’il appellera sa famille pour le restant d’ses jours. C’était hier, v’là presque 16 ans.

Depuis c’temps, mon seul et unique souhait est celui-ci : qu’il soit heureux et en santé. Point. Le reste, c’est du gravy.

En 2014, après la sortie d’mon texte pour sa fête qui a fait boule de neige dans les médias jusqu’en France, chaque message d’inconnu, chaque contrat photo et chaque événement auquel j’assistais, j’avais toujours une pensée de « et s’il était ici ? ». J’ai toujours un œil ouvert et une oreille attentive au cas, juste au cas où j’entendrais son nom (parce que j’avais demandé aux parents de garder son prénom que j’lui avais donné à sa naissance. Quand tu choisis de mettre ton enfant en adoption, les médecins n’te disent pas le sexe de l’enfant durant les échographies, pour ne pas influencer ton choix apparemment… et lorsqu’il est né, l’infirmière qui notait les mesures de mon p’tit homme sur le carton bleu m’a demandé son prénom… Matis. Tout bonnement, sans y penser, sans hésitation, sûre de ma shot. Et ma mère de dire « comme le peintre !!! » oui, ou presque, pas écrit pareil maman, mais oui, comme le peintre…) ou si j’le reconnaîtrais, même autant d’années plus tard… Ils disent que l’instinct maternel est fort, eh bien je n’attendais qu’à l’prouver.

Bref, je passe par quatre chemins pour vous raconter le fin fond d’l’histoire, la suite à celle-ci…

Ça s’est passé un lundi soir de janvier, pendant que j’préparais le souper après l’travail tout en jasant avec Minie assise au comptoir. Du coin d’l’œil j’ai vu une notification Facebook apparaître d’un certain Matis qui souhaitait m’ajouter. Tsé la p’tite voix à l’intérieur qui t’dit “and what if…?” J’ai tout lâché pour aller voir c’était qui. Ma première réflexion en voyant sa photo était qu’il ressemblait dont à mon frère! Et c’est là, qu’en une fraction d’seconde ma vie a changée à tout jamais. Mon cœur s’est mit à battre la chamade, mes mains tremblaient, je n’écoutais plus rien de c’que Minie racontait et mes yeux étaient fixés à mon téléphone à savoir quoi faire, quoi dire, quoi écrire… first impressions tsé! Ça fait que j’ai utilisé la fameuse main qui salue de Messenger quand tu commences une nouvelle conversation. Haha good job la mère, bien joué, reste cool… haha not! Et c’est là qu’ça a commencé. Depuis les 4 derniers mois, je garde ce doux secret tout prêt d’mon cœur, je berce mon moi de 17 ans en m’disant que mon p’tit homme est bien, il est même plus que bien, il est extraordinaire. Les parents, ses parents ont fait de lui un jeune homme plus que parfait, sensible, mature, gentil et aimable. Je peux respirer pleinement, j’peux arrêter d’m’inquiéter, j’peux dormir en paix, mon p’tit homme est là, en santé. Merci les parents, merci mille fois merci. Merci d’avoir chéri cette vie que j’vous offrais, merci d’avoir respecté mes demandes, merci de l’avoir aimé, de l’aimer. S’il y avait plus grand mot que merci, vous y auriez droit. Merci. Et merci à toi mon p’tit homme rendu grand, merci infiniment de m’avoir fait signe ce soir d’hiver. Merci d’être toi et de m’accepter moi.

J’attendais avant d’vous en parler, j’voulais savourer ce moment à moi seule (ou presque), j’voulais lui en parler avant et avoir son accord. Ça fait que monde des Internet, mon garçon Matis va bien. Et je suis une maman plus que comblée de bonheur et d’amour. J’ai deux beaux garçons. Point.

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